La forme animale
Une recension de Philippe Nassif, publié leVoilà un essai scientifique peu commun. C’est que La Forme animale, publié en 1948, est né d’une grande « joie », révèle son auteur, le zoologue suisse Adolf Portmann (1897-1982) : celle d’atteindre à « une compréhension plus vaste » des phénomènes naturels. Biologiste réputé, même si plutôt disciple de Goethe que de Galilée, le directeur de l’Institut de zoologie de Bâle éprouve un étonnement toujours renouvelé face à la prodigalité des formes animales. Taches ou marbrures, zébrure des pelages et couleurs des plumages, profil d’une tête ou courbe d’un coquillage, c’est d’abord cette beauté profuse qu’interroge Portmann et que les éthologues, en général, délaissent : après tout, ces motifs ne sont-ils pas, selon la doxa darwinienne, de simples « fonctions », conquises à force d’avantages adaptatifs, et visant à la conservation (camouflage) ou à la reproduction (parade sexuelle) ? Avec un art minutieux, rigoureux, amoureux de la description – appuyé de superbes dessins –, il nous montre au contraire les limites d’une telle interprétation. S’il ne s’agissait que de fonctions, on ne s’expliquerait pas en effet une telle variété – seule une poignée de motifs serait nécessaire.
« Paraître est une fonction vitale »
Adolf Portmann
D’où l’hypothèse d’« apparences inadressées » : une beauté quasi gratuite puisqu’elle n’a aucune autre raison que purement expressive. L’élégance singulière d’un animal relève en effet d’une « autoprésentation ». Elle obéit à une loi de distinction, entre espèces, sexes, stades de maturité. L’hypothèse de Portmann est d’autant plus convaincante qu’elle n’invalide pas la théorie darwinienne mais l’englobe dans une conception élargie de la vie biologique, où il ne s’agit plus seulement de survie mais d’une vitalité autrement plus profonde : « paraître est une fonction vitale », note-t-il avec des accents philosophiques qui n’ont pas échappé aux lecteurs enthousiastes que furent Merleau-Ponty ou Arendt. La pulsion de singularité ne serait donc pas le propre de l’homme mais une loi du vivant. La preuve par l’allègre chatoiement du règne animal.
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