Voyage à Naples

Une recension de Thierry Jobard, publié le

Avoir le marquis de Sade pour cicerone en Italie, voilà une bien inhabituelle perspective. 1775 : fuyant la France à la suite d’une affaire qui le mettait en fâcheuse posture, Sade réalise le vieux rêve d’un voyage transalpin et passe cinq mois à Naples. À le lire, on s’étonne de ne rien percevoir de ses textes futurs, lui qui s’inquiète de ce que deviennent « la vertu, la population, la santé, dans un État où la dégradation des mœurs est à ce point »… Comme le souligne l’essayiste et romancière Chantal Thomas dans sa préface, c’est un nouveau visage de Sade qui apparaît ici. Celui d’un être en mouvement tout d’abord, et non plus immobile entre quatre murs suintants, impatient de tout voir, de tout visiter, de tout juger : églises, palais, paysages, coutumes… Celui d’un organisateur hors pair ensuite, planifiant chacun de ses déplacements avec minutie. 

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