Vous désirez ?
Une recension de Victorine de Oliveira, publié leIl est vrai qu’à dix ans, on a envie de bonbons aux textures et couleurs improbables, on a toujours vraiment besoin de faire pipi, mais désire-t-on réellement quelque chose ? On croise le regard d’une jolie fille et peut être se sent-on gagner d’une agréable chaleur… que la prochaine vitrine a tôt fait de chasser. A l’âge où le corps d’autrui ne laisse plus indifférent, où les caprices cèdent la place aux inquiétudes, il n’est pas inutile de proposer quelques éclaircissements. En un court texte, issu d’une conférence devant des collégiens, à lire entre deux arrêts de bus, Jean-Luc Nancy se penche sur ce désir ou « mouvement vers ce qui est très loin », bien plus difficile à combler que le besoin (nécessaire) ou l’envie (non nécessaire). Certes, le philosophe s’adresse d’abord aux enfants, mais clarté ne rime pas ici avec simplicité. Une fois les distinctions établies, demeure l’obscur objet, cette « disposition qui est toujours en mouvement, un élan, une tension, non pas pour avoir quelque chose mais pour être tout simplement quelqu’un ». Ce dernier point, enfants comme adultes s’accorderont à dire qu’il n’a rien de simple.
Sans prétention, Nancy ménage un seuil à la pensée, suscite envie et désir d’aller plus loin… Un seuil à franchir avec un autre livre, La possibilité d’un monde, où Nancy dialogue avec Pierre-Philippe Jandin. Les premières maladresses poétiques d’un militant à la Jeunesses étudiante chrétienne, les lectures heideggériennes (« forcément inépuisable »), kantiennes (« leçon, vive, dynamique »), l’irréductible pluralité du monde et des arts résolument résistante au rêve d’unité du philosophe : la pensée comme une évidence pour celui qui affirme « je ne suis pas devenu philosophe parce que je l’ai toujours été ».
Jacques Derrida, grande figure de la “French Theory”, passe pour un auteur difficile. À moins, comme le conseille son ami Jean-Luc Nancy, de le lire en écoutant d’abord sa “musique”, sa voix. Et en ayant à l’esprit qu’il veut démontrer…
Y a-t-il un rapport sage au portable ? À voir comment il bouscule la vie des quatre philosophes que nous avons rencontrés, rien n’est moins sûr.
« Déconstruction » est un mot qui doit à la longue disparaître, c’est ce que pensait et souhaitait Derrida comme on peut le lire dans sa Lettre à un ami japonais. Il n’en a rien été jusqu’ici, comme nous le savons, et ce terme, qui…
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Il incarne la réalité du corps féminin, mais aussi un puissant fantasme érotique. L’historienne américaine Marilyn Yalom et le philosophe Jean-Luc…
Jean-Luc Nancy est venu à la philosophie par la lecture critique de la Bible. Son parcours singulier l’amène à partager l’amitié de Philippe Lacoue-Labarthe et de Jacques Derrida. Comme ce dernier, il « déconstruit » les notions. Ce…