Vers une définition de la philosophie
Une recension de Martin Legros, publié leC’est un événement dans le monde de l’édition : la traduction française des œuvres de Martin Heidegger change de mains. Du moins, ne sera-t-elle plus l’exclusivité de l’équipe réunie chez Gallimard autour de François Fédier, qui a rendu plusieurs textes de l’auteur d’Être et Temps illisibles à force de novlangue alambiquée. Grâce à Jean-Claude Monod et à Michaël Fœssel, qui dirigent la collection « L’Ordre philosophique » au Seuil, de nouveaux traducteurs – germanistes, spécialistes de la pensée du jeune Heidegger et guidés par un « principe de lisibilité » – nous rendent enfin accessibles les cours les plus anciens du philosophe, ceux qu’il délivra à 29 ans, en 1919, alors qu’il n’était qu’assistant à l’université de Fribourg. L’enjeu ? Rien moins, et déjà, que la définition même de la philosophie.
Deux grandes écoles dominent alors l’université allemande : l’école néokantienne, qui réduit la philosophie à une théorie de la connaissance, et la « philosophie de la culture », qui explore les valeurs et cherche même à élaborer une « vision du monde » capable de rivaliser avec la religion. L’une et l’autre manquent de radicalité, reproche Heidegger. Car la quête de l’objectivité comme la position d’une valeur présupposent une création plus originaire, celle qui fait être quelque chose comme un objet général ou une valeur universelle devant nous. Si l’on veut fonder cette création première, il s’agit de retourner à l’expérience vécue d’un Je concret qui s’étonne, s’émerveille et questionne le monde ambiant. « Il y a des nombres, il y a des triangles, il y a des peintures de Rembrandt, il y a des sous-marins ; je dis il y a de la pluie encore aujourd’hui, il y aura du rôti de veau demain… Ce simple “il y a”, tout plat et, pour ainsi dire, vidé de significations déterminées, recèle en raison de sa simplicité, de multiples énigmes. » Par cet appel à « s’immerger dans la vie vécue » et à éprouver « la sympathie absolue envers la vie », Martin Heidegger s’employait auprès de ses premiers étudiants à déconstruire la pensée instituée en son temps ! L’appel n’a rien perdu de sa force.
Trad. de l’allemand S.-J. Arrien et S. Camilleri
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