Pourquoi lit-on des livres de philosophie ?

Une recension de Victorine de Oliveira, publié le

Avez-vous déjà réfléchi à cette relation qui noue le philosophe à ses lecteurs, qui l’incline à partager ses idées avec de parfaits inconnus ? C’est cette question qu’explore Danièle Pontremoli. Lorsque Descartes remet en cause une connaissance qu’il a ingérée mais non assimilée, s’inquiète de jamais parvenir à une vérité solide et craint de susciter la colère de ses contemporains docteurs ès théologie, ce n’est pas qu’il se regarde douter : le Discours et les Méditations impliquent le lecteur, « dans le processus de la fabrication des idées ». Celles-ci sont un « patrimoine commun », une entreprise collective. Entreprise qui se révèle parfois ambiguë : quand Levinas fait paraître dans la revue Esprit l’article « Quelques réflexions sur la philosophie de l’hitlérisme » (1934), donne-t-il malgré lui des lettres de noblesse au nazisme, ou parvient-il à en dénoncer les dangers ? Dès lors comment distinguer la mauvaise idée de la bonne ? Danièle Pontremoli indique une piste : la bonne idée lance le dialogue et, comme Socrate face à Théétète, renvoie le « questionneur à lui-même avant qu’il se lance au-delà de lui-même ».

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