Œuvres. Tome II
Une recension de Frédéric Manzini, publié lePour Nietzsche, 1876-1882 sont des années charnières, au cours desquelles il prend ses distances avec Wagner et l’Allemagne, se détourne de la philologie et renonce au professorat pour se mettre en quête, entre l’Italie, la Suisse et la France, d’un climat plus favorable à sa santé précaire. Mais pour le philosophe alors trentenaire qui fait du mouvement et de la marche les conditions d’une pensée saine, cette errance est tout sauf une période stérile. Qu’on en juge : deux de ses plus grands livres, Humain, trop humain et le Gai Savoir, sont publiés dans ces années-là. En plus d’y annoncer la mort de Dieu, Nietzsche y pose les jalons de concepts fondamentaux de sa pensée, comme ceux de « volonté de puissance » et d’« éternel retour ». C’est aussi à ce moment que paraît Aurore : moins connu, il inaugure pourtant sa « campagne contre la morale », en montrant l’origine pulsionnelle des valeurs, et dénonce la nocivité du sentiment de pitié chrétienne. Il excelle à provoquer avec son écriture sous forme d’aphorismes : « Nos concepts débiles, efféminés et sociaux du bien et du mal et leur empire démesuré et monstrueux sur le corps et l’âme ont fini par rendre débiles tous les corps et toutes les âmes. » Les trois ouvrages entrent dans la Pléiade dans des traductions déjà publiées en Folio mais dont on appréciera qu’elles soient ici révisées et annotées grâce à de larges extraits des fragments posthumes.
Éd. établie par M. de Launay et D. Astor
Pour suivre le Nietzsche des années suivantes, lire aussi sa Correspondance. Tome V. Janvier 1885-décembre 1886 (Gallimard, 368 p., 29 €).
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