Marcher, une philosophie
Une recension de Victorine de Oliveira, publié leAccélération du temps, dispersion de l’attention, hyperconnexion perpétuelle : dans l’excitation ambiante, cet éloge de la marche à pied a touché juste. Mais si cet essai s’accorde aux désirs du temps – ralentir, décroître –, il est aussi une belle traversée philosophique. Quand la pensée emprunte mille directions à la fois, la dynamique des semelles creuse un unique et patient sillon en redécouvrant « l’élémentaire ». Marcher réinvente une disponibilité au monde dont les œuvres de Rousseau, Nietzsche ou de Thoreau sont les plus belles expressions. Le premier s’enfonce dans la forêt comme dans la mémoire de l’humanité, le deuxième conquiert la hauteur des sommets, le troisième avance vers l’Ouest pour y trouver des forces neuves. Frédéric Gros, en accordant son âme à ses pas, cultive le « souci de soi » cher à Foucault (dont il est spécialiste) et s’inscrit avec humilité dans une philosophie qui n’est jamais aussi vivifiante qu’incarnée dans un corps en mouvement… mesuré.
Pour Frédéric Gros, philosophe spécialiste de Foucault, marcher est aussi un exercice spirituel, essentiel au travail de nombreux penseurs.
Un livre pour dialoguer, chemin faisant, avec les philosophes et se demander avec eux comment et pourquoi nous aimons tant la marche. En route…
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