L’Homme en perspective. Les Primitifs d’Italie

Une recension de Marion Rousset, publié le

Magnifiquement illustré, cet ouvrage récemment réédité est l’un des premiers de Daniel Arasse. Il témoigne déjà de l’approche iconographique très originale de ce spécialiste de l’art italien : un regard critique, un goût pour le détail, une subjectivité affirmée. Daniel Arasse décrit ici un point de rupture en peinture qui se produit entre le XIVe et le XVe siècle. Alors que l’individu était nié dans sa singularité, il prend progressivement place au centre du monde. La transition entre ces deux représentations se traduit par une refonte picturale. De Giotto à Léonard de Vinci,  les peintres italiens mettent en œuvre une perspective linéaire et mathématique, à échelle humaine. Les personnages secondaires se multiplient dans les Nativités et les Adorations, l’espace devient plus tridimensionnel : on assiste à l’humanisation narrative de la figuration sacrée. Affleure une peinture nouvelle, « fenêtre ouverte », qui s’apparente à la culture humaniste. Elle redéfinit le rapport de l’homme au monde, à lui-même et à son histoire. « Progressivement, une nouvelle vision de la destinée humaine prend place ; elle n’est plus seulement envisagée du point de vue de l’éternité, de sa justification téléologique et métaphysique. »

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