Le devenir du nombre

Une recension de Philippe Nassif, publié le

Il est des essais qui savent nommer la nervure conceptuelle de l’époque. Le Devenir du nombre est de ceux-là : une méditation métaphysique composée par l’écrivain Mathieu Terence qui décrit un temps, le nôtre, déserté par l’incalculable. Le Nombre – et avec lui « sa puissance d’abstraction, de quantification et d’uniformisation » – s’est substitué au Verbe. La société est devenue le Fonctionnement. Et la modernité s’efface devant la Technosmose. Terence cerne ainsi la logique de la dépossession de notre liberté d’être par le calcul. Sa belle érudition lui permet de citer les grands témoins – de Platon à Borgès en passant par les romantiques allemands – de l’irrépressible ascension du Nombre dans l’histoire. Seule la poésie ouvre in fine une infime voie, dans ce constat nihiliste, vers la possibilité d’« une épiphanie d’une intensité encore inimaginable » et donc d’une « Renaissance ».

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