Le complexe de Caïn

Une recension de Philippe Nassif, publié le

C’est une réflexion qui s’enlève sur un paradoxe : d’un côté, les attentats terroristes islamistes ont donné lieu à un appel à « la fraternité » entre concitoyens ; mais de l’autre, ces attentats sont bien souvent commis par des fratries — Kouachi, Abdeslam, Merha ou, à Boston, Tsarnaev. Et si la fraternité, loin d’être cet amour lénifiant pour son prochain était d’abord le foyer d’une rivalité mimétique débouchant sur le désir de mort ? L’intuition du psychanalyste Gérard Haddad débouche sur une proposition forte : ajouter au complexe d’Oedipe découvert par Freud, « le complexe de Caïn » qui lui, a été refoulée par la psychanalyse. Et qui désigne une « férocité » première, aussi structurante pour le psychisme que le désir de meurtre du père. Enquête passionnante et (trop) brève qui s’étaye notamment sur le texte biblique, où, les parricides sont inexistants mais où les frères souvent tuent ou trompent leurs frères. Et parfois, dans le cas de Joseph, leur pardonnent : signe que « l’amitié fraternelle est une conquête de l’esprit » avant d’être  « une tendance naturelle ».

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