Le Cerveau à sornettes. Traité de l'évitisme
Une recension de Catherine Portevin, publié leVoici une option radicale, déraisonnable, stupide, plus exigeante qu’il n’y paraît, pour répondre en catimini au thème de notre dossier ce mois-ci. Être heureux sans travailler ? Vous vous serez forgé votre philosophie. Allons plus loin : sans travailler, certes, mais sans rien faire ? Rien de rien. Eh bien, c’est du boulot ! L’humoriste britannique Roger Price avait la solution, « phi-lo-so-phi-que », la seule qui soit adaptée pour résister à notre monde énervé et utilitariste : « l’évitisme », version british de la « banalyse » pataphysique. En quoi consiste l’évistime ? À éviter. Les choses, les événements, les questions, les choix, les actes… À éviter d’exister. À « éviter l’effondrement de votre personnalité en la supprimant ». Puisque l’Homo erectus a été assez naïf pour se créer des problèmes en œuvrant à son évolution au lieu de « laisser courir », il était temps d’énoncer « une philosophie nouvelle et optimiste conçue pour sauver l’homme moderne de lui-même ». C’est ce qu’annonce Price dans son petit traité délirant pour « apprendre à ne rien faire » : Le Cerveau à sornettes, paru en 1951 et réédité aux éditions Wombat avec la préface que lui composa Georges Perec. Honnêtement, l’humour du nonsense des années 1950 sonne un peu vieillot et l’« évitisme » de Price évite aussi la profondeur tragique d’Oblomov ou la puissance subversive de la fuite chez Bartleby qui fascina Toni Negri comme Gilles Deleuze. Il n’empêche : dans son absurdité et son ambivalence, la tentation de l’évitisme invite à de reposants pas de côté. Et, allez savoir pourquoi, les chemins obliques semblent toujours plus attirants que les lignes droites. Et plus gais.
L’écrivain Georges Perec, auteur de “La Vie mode d’emploi” et des “Choses”, interroge en métaphysicien notre environnement le plus quotidien. Dans…
En 1969, l’écrivain Georges Perec décide de décrire, durant douze années, douze lieux parisiens. Il veut « mesurer le temps qui s’écoule ». Il en a…
Écrivain célébré pour son œuvre romanesque virtuose et conceptuelle, Georges Perec fut aussi, à sa manière, un penseur de son temps. Attentif au quotidien, aux…
En 2011, le photographe Graeme Brown saisit l’image d’un porte-conteneurs sombrant près des côtes de la Nouvelle-Zélande. Pour le philosophe…
En partenariat avec les Presses Universitaires de France, Philosophie magazine propose chaque jour un extrait d'1 kilo de culture générale.
Quoi qu’il arrive, le monde tourne sans nous. Pourtant, nous sommes condamnés à nous interroger sans répit sur le sens de la vie. Ad vitam æternam.
Difficile d’imaginer deux pensées plus antagonistes que celles de Roland Jaccard, nihiliste disciple de Schopenhauer qui n’a jamais voulu d’enfants, et Nancy Huston, féministe ayant d’abord refusé d’être mère avant de changer d’avis. L…
Le 21 avril, une lettre rédigée par un ancien officier de l’Armée de Terre, Jean-Pierre Fabre-Bernadac, et signée par de nombreux officiers à le…