L'apprentissage de la marche

Une recension de Cécilia Bognon-Küss, publié le

Cet aphorisme de Shitao illustre à merveille le sens de la quête de Jean-Louis Hue dans son éloge sensible du promeneur solitaire et mondain. Tout commence par un simple pas, comme celui qui mena Pétrarque sur les pentes hostiles et les hauteurs lunaires du Mont Ventoux. Pas à pas, Jean-Louis Hue nous entraîne dans les monts sacrés de la Chine, sur les boulevards parisiens, dans le jardin pastoral de Rousseau, au cœur des forêts de Thoreau. Filant le récit de ces promenades extraordinaires et banales, il montre pourquoi la marche figure la pensée en mouvement : parce qu’elle n’a pas de destination, pas de finalité, pas de fin. Ce qu’aime le promeneur c’est la marche se faisant, c’est le balancement de sa canne et le rythme tranquille de ses pas, au gré duquel la pensée se déploie. Pas de doute, « le génie est à pied ».

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