La possibilité d'un monde, entretiens avec Pierre-Philippe Jandin
Une recension de Victorine de Oliveira, publié leLe désir, un truc d’adulte bien trop complexe et mystérieux pour se fatiguer à l’expliquer aux enfants ? Il est vrai qu’à dix ans, on a envie de bonbons aux textures et couleurs improbables, on a toujours vraiment besoin de faire pipi, mais désire-t-on réellement quelque chose ? On croise le regard d’une jolie fille et peut être se sent-on gagner d’une agréable chaleur… que la prochaine vitrine a tôt fait de chasser. A l’âge où le corps d’autrui ne laisse plus indifférent, où les caprices cèdent la place aux inquiétudes, il n’est pas inutile de proposer quelques éclaircissements. En un court texte, issu d’une conférence devant des collégiens, à lire entre deux arrêts de bus, Jean-Luc Nancy se penche sur ce désir ou « mouvement vers ce qui est très loin », bien plus difficile à combler que le besoin (nécessaire) ou l’envie (non nécessaire). Certes, le philosophe s’adresse d’abord aux enfants, mais clarté ne rime pas ici avec simplicité. Une fois les distinctions établies, demeure l’obscur objet, cette « disposition qui est toujours en mouvement, un élan, une tension, non pas pour avoir quelque chose mais pour être tout simplement quelqu’un ». Ce dernier point, enfants comme adultes s’accorderont à dire qu’il n’a rien de simple.
Sans prétention, Nancy ménage un seuil à la pensée, suscite envie et désir d’aller plus loin… Un seuil à franchir avec un autre livre, La possibilité d’un monde, où Nancy dialogue avec Pierre-Philippe Jandin. Les premières maladresses poétiques d’un militant à la Jeunesses étudiante chrétienne, les lectures heideggériennes (« forcément inépuisable »), kantiennes (« leçon, vive, dynamique »), l’irréductible pluralité du monde et des arts résolument résistante au rêve d’unité du philosophe : la pensée comme une évidence pour celui qui affirme « je ne suis pas devenu philosophe parce que je l’ai toujours été ».
Alain Badiou est l’un des rares philosophes vivants à proposer un système métaphysique permettant d’embrasser tout ce qui est. Pour nous, il s’est prêté à un exercice délicat : traduire son œuvre en un schéma accessible et inédit.
La quatrième édition du Festival Mode d’Emploi organisé par la Villa Gillet, se tiendra du 16 au 29 novembre 2015. Voici en avant-première le texte proposé par Geneviève Fraisse, qui interviendra lors de la table-ronde intitulée “Le…
Pour ce penseur au savoir encyclopédique, la raison préside à tout ce qui est. Une infinité d’éléments composent le réel et sont reliés entre eux pour former une totalité harmonieuse.
Faut-il faire confiance à la technique pour résoudre la crise écologique ? Pas selon Baptiste Morizot, auteur entre autres de Manières d'être vivant …
Jacques Derrida, grande figure de la “French Theory”, passe pour un auteur difficile. À moins, comme le conseille son ami Jean-Luc Nancy, de le lire en écoutant d’abord sa “musique”, sa voix. Et en ayant à l’esprit qu’il veut démontrer…
Y a-t-il un rapport sage au portable ? À voir comment il bouscule la vie des quatre philosophes que nous avons rencontrés, rien n’est moins sûr.
« Déconstruction » est un mot qui doit à la longue disparaître, c’est ce que pensait et souhaitait Derrida comme on peut le lire dans sa Lettre à un ami japonais. Il n’en a rien été jusqu’ici, comme nous le savons, et ce terme, qui…