À la dérive. Petit Traité de philosophie

Une recension de Catherine Portevin, publié le

« Arrête de gigoter, tu me fatigues ! » Si l’ours avait été seul sur son bout de banquise, dérivant dans un océan de fin du monde, il n’y aurait eu assurément ni dessin, ni histoire, ni même de philosophie. Il fallait cet agaçant pingouin, goinfre, agité, désirant, teigneux, pour inquiéter leur existence. On retrouve avec plaisir en album les deux compères de Berberian qui ont accompagné entre 2010 et 2016 la traversée de Philosophie magazine. La placidité de l’un, l’appétit de l’autre, lequel est le plus lucide des deux ? se demande en préface Alexandre Lacroix. Le « non-vouloir-saisir » du plantigrade semble certes plus adapté à la dérive. Le pingouin, lui, se cogne, se trompe, crie, trépigne. Mais à la grande question finale : « Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait ? », l’ours répond : « On arrête tout », le pingouin : « On réfléchit. » Lequel tombe à l’eau ?

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