Esquisse d'une théorie des émotions

Une recension de Mathilde Lequin, publié le

Ni mécanisme aveugle, ni désordre accidentel, comme le pensent les psychologues, ni produit de désirs inconscients, comme l’affirment les psychanalystes, l’émotion a une signification existentielle. Elle est même l’une des deux manières essentielles pour la conscience d’être dans le monde. « Il y a émotion quand le monde des ustensiles s’évanouit brusquement et que le monde magique apparaît à sa place », écrit le philosophe. Quand on ne peut plus agir sur le monde, on le transforme magiquement : dans le cas de la peur, prendre la fuite ou s’évanouir, c’est pour Sartre « nier, à travers une conduite magique, un objet du monde extérieur ». Et d’après lui, cette structure magique du monde colore l’ensemble de notre rapport à autrui, aux visages, aux situations : « l’homme est toujours un sorcier pour l’homme ».

Sur le même sujet



Le fil
3 min
Alexandre Lacroix

« Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’Europe a connu deux grands cycles. Un cycle qu’on pourrait dire progressiste, dans le domaine des mœurs…

“Les Émotions”, de Jean-Philippe Toussaint

Article
3 min
Isabelle Sorente

Alors que la psychologie positive mais aussi certaines formes de méditation nous incitent à nous détacher de nos émotions négatives, il est…

Mettre ses émotions sous le tapis