Eloge de la traduction

Une recension de Catherine Portevin, publié le

Seule Barbara Cassin sait relier le vertige du verbe « être » chez Gorgias et le panneau « école » écrit en huit langues au fronton d’une baraque du camp de Calais. Initiatrice du Dictionnaire des intraduisibles (Vocabulaire européen des philosophies, 2004), elle a fait des langues et de leur pluralité plus qu’une œuvre philosophique : une éthique et une vision du monde. Contre la tentation de l’anglais « globish », son éloge de la traduction débouche sur un « relativisme conséquent », un universel « compliqué » d’un savoir-faire avec les différences. Si Babel est l’épreuve de la multiplicité des langues, elle condamne aussi les hommes à trouver des moyens de se comprendre. Après Babel, donc, la traduction.

À voir : Après Babel, la traduction, exposition conçue par Barbara Cassin au MuCEM, à Marseille, du 14 décembre 2016 au 20 mars 2017.
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