Ce pays qui te ressemble

Une recension de Catherine Portevin, publié le

« Si j’ai quitté l’Égypte, l’Égypte ne m’a jamais quitté. » À n’en pas douter, c’est Tobie Nathan qui parle à travers la voix de Zohar, le personnage de son roman. C’est aussi son propre père qu’il fait revivre, né comme Zohar dans le ghetto juif du Caire dans les années 1920 et obligé de s’expatrier en 1952, après l’arrivée au pouvoir de Nasser et la montée en puissance de la confrérie des Frères musulmans. Depuis son exil parisien, Zohar se souvient du monde où Juifs et Arabes partageaient la langue, la pauvreté, la myrrhe et le musc, l’huile d’olive et les fèves, la magie des djinns et des zars, et presque jusqu’à Allah. Séparés de fait mais frères de lait, tels Masreya, l’Égyptienne, et Zohar, le Juif, nourris au sein de la même chanteuse arabe. Il fallait bien un roman fleuve pour raconter le destin tragique de ces enfants du Nil. Sur fond de la grande histoire, avec un roi Farouk de comédie orientaliste, c’est la saga d’un paradis perdu.

 

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