Vos questions

Je suis en terminale et, si j’ai bien compris Sartre, on n’a le choix qu’entre la nausée et l’angoisse ?

publié le 3 min

Pauline Bertrand, 17 ans, Paris

Pas mal vu, chère Pauline. La nausée, c’est ce qui me saisit quand il me semble que je ne suis qu’une chose parmi les choses, engluée dans son « être », sans liberté ni projet. Mais si je mesure tout ce qui me sépare du monde des choses, si je prends conscience de la liberté totale qui est la mienne, alors je tombe dans l’angoisse devant l’infini vertigineux des possibles, devant l’ampleur de ma responsabilité. Ma vie est alors ce pendule qui oscille, non plus « de la souffrance à l’ennui, et de l’ennui à la souffrance », comme chez Schopenhauer, mais de la nausée à l’angoisse, et de l’angoisse à la nausée. La nausée m’envahit quand je m’éprouve non libre, l’angoisse me récompense lorsque je commence à accepter le poids de ma liberté. La nausée m’assaillit quand le sommeil me gagne et que je semble rejoindre l’épaisseur molle des choses, l’angoisse me cueille lorsque je me réveille et prends d’un coup la mesure de tout ce qui dépend de moi.

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Quand l'amour finit, tout n'est peut-être pas dit. Car comprendre la rupture amoureuse — ses causes, son déroulé, ses conséquences, c'est aussi plonger au plus près de ce que nous attendons, au fond, de l'amour. À ceux qui doutent un peu, beaucoup, ou pas du tout ; à ceux qui souffrent encore et à ceux qui filent à l'anglaise... Cet Expresso est fait pour vous!
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